mal des douleurs des autres

Publié le par Corybantes






Qui te condamne à vivre ,
Te torture ,t'étrangle et te dit des mots d'amour ?
Ne cherche pas, c'est elle;

La lancinante, la sournoise,
Elle ,qui nous fait rire pour mieux nous faire pleurer,
La vie.
A supporter tous les chagrins ,mes entrailles se meurent.

Gibet, guillotine,des fous vous ont pensés,fabriqués.
On en redemande, on ne s'en lasse pas,
L'homme en veut encore et encore, il lui  faut du mal, de la souffrance.

Assaillie par la douleur de mes proches,
De ceux que j'aime,
Je suis assommée de gifles, de coups.
Il faut que je me réveille, je dois faire un cauchemar.

Vite, vite ,un échange ,un dernier au-revoir,
Le temps ,arrête-toi, laisse-moi reprendre mon souffle.
Le monde meurt, la nature crie à l'agonie.
Je vous en supplie , écoutez-la , entendez sa prière.

Quelle misère ? La tienne, la mienne. 
Nous sommes tous en train de mourir.
Réveillez-vous , ne me laissez pas seule.

Le réveil marque minuit trente,j'ai pas sommeil.

Si tout va bien , demain il fera jour, je lirai Sophocle, Cicéron,
Un rouge-gorge viendra me conter une histoire de rouge-gorge,
Et je  porterai tous les chagrins et les peines,
Croyant soulager l'humanité.
 
Des enfants, des hommes,  de toutes les générations , 
Des plus malheureux aux plus heureux;
Je serai émissaire de la sagesse et de l'amour triomphant.
Et pour ne pas mourir étouffer de mes pleurs,
Je crache encore une fois sur la misère de vivre.

Toi qui souffres, qui a compris ,
La nécessité de se reconnaître,de s'aimer.
Donne-moi  la main,insuffle-moi
La force de continuer dans cette solitude.


 



 

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Publié dans poésie

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